Musiciens Cajuns : Austin PITRE, Lurline LEJUNE, Milton MOLITOR

 

Extrait de la documentation accompagnant le disque

"FOLKSONG OF THE LOUISIANA ACADIANS" Vol. 2 (Arhoolie)

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La musique cajun de Louisiane s'enracine dans l'histoire de la France du XVIème siècle et dans l'Acadie du Canada, colonisée en 1604 par les émigrants des provinces françaises : Bretagne, Normandie, Picardie.

La perte de l'Acadie au profit des anglais en 1713, fut le début de la tragédie à venir.

En 1714, les britaniques exigèrent des Acadiens soit un serment d'allégence totale à la couronne britannique, soit leur départ d'Acadie sans conditions. Bien que les Acadiens refusèrent le serment et tant que la colonie française était utile, l'Angleterre ne les força pas au départ.

Au cours de la guerre française et indienne qui débuta en 1747, le gouverneur d'Acadie Laurence, conspira afin d'exiler les Acadiens du Canada et de les exproprier de leurs richesses. Puisque les Anglais avaient amené 2500 colons en 1748 et fondé la ville de Halifax, le gouvernement décida que les Acadiens n'étaient plus utiles à l'empire.

Laurence exigea des habitants de Grand-Pré un serment absolu d'allégence, jurant loyauté éternelle à l'Angleterre et acceptant de prendre les armes contre les ennemis. Lors du refus de la plupart de Acadiens, Laurence convoqua les hommes de Grand-Pré à l'église le 5 septembre 1755 et là, leur fut annoncé leur châtiment :

- "Toutes les terres et bâtiments, bétail et récolte étaient confisquées au profit de la couronne, ainsi que tous leurs biens, hors de l'argent et effets personnels et qu'ils étaient condamnés à quitter la province...

Puis les 418 hommes de Grand-Pré et leurs proches furent arrêtés. 5 jours plus tard, les jeunes hommes, les plus susceptibles de rebellion, furent déportés. Dès que les autres Acadiens furent expropriés, les fermes furent brûlées sous leurs yeux; Durant les 11 années suivantes, les Anglais déportèrent plus de 8000 Acadiens, dont la moitié moururent en mer, de variole et autres maladies. Les survivants furent éparpillés, au début à Newhaven, Boston, New York, Philadelphie, Hampton Roads, Charleston et Savanah - généralement sans que les autorités locales soient prévenues.

Presque partout l'accueil fut froid. Ainsi le gouverneur Reynolds de Georgie les bannit à leur arrivée en vertu d'un décret qui interdisait l'installation de catholiques. En raison de ces rejets, nombre d'entre eux allèrent jusqu'en Louisiane, espérant rejoindre d'autres Français.

Quand le premier groupe atteignit la Louisiane, en 1756, les Français et les Espagnols les accueillirent et les aidèrent à s'installer dans le Sud-Ouest de l'état, dans la région des Bayous Lafourche, Têche, Vermillon.

Ils y sont restés depuis plus de 2 siècles, la plupart du temps, isolés. Il y a une génération, un visiteur français aurait pu facilement s'imaginer être dans une province française - au climat tropical. Il aurait remarqué que les gens parlaient presque exclusivement français, un patois proche de ceux des autres provinces, qu'ils usaient de nombreuses coutumes françaises et que quelques uns chantaient de vieilles chansons traditionnelles françaises.

Durant les 40 dernières années, la force de l'influence française s'est affaiblie pour de multiples raisons.

Lors de la création des écoles publiques, beaucoup d'entre-elles interdirent le français dans leur enceinte. Le but était de forcer les enfants à parler anglais. (Bien qu'un mouvement inverse est à noter depuis quelques années)

L'aménagement du réseau routier des années 30, rompit l'isolement et facilita le contact avec la civilisation américaine. L'apparition de l'électrophone, de la radio, du cinéma et de la télévision a eu le double résultat de changer les goûts de cette communauté traditionnelle vers une certaine conformité et de remplacer les vieux airs de danse et chansons par des variétés fabriquées de façon homogène pour les masses.

De plus, le retour au pays de vétérans de la 2ème guerre mondiale après des années passées autre part, la découverte du pétrole dans de nombreuses fermes du Sud-Ouest de la Louisiane, l'industrialisation et donc l'arrivée de cadres et de travailleurs d'autres états ont dérangé les vieilles manières qui étaient traditionnellement partie intégrante d'un mode de vie rural.

Depuis que les descendants modernes des Acadiens (dits "Cajuns") sont dans une période de transition, on peut trouver des musiques représentant 3 stades importants du développement musical :

1. La musique traditionnelle du XVII et XVIII ème siècle de France, existant encore sous une forme relativement pure

2. Une forme hybride, combinant des textes français Cajuns et des influences diverses (musique des montagnes du Sud, des tubes de Tin Pan Alley, Country & Western, Hill Billy, Jazz noir) etc,

3. La "Variété" promue par les mass-médias.

La majorité de ceux qui chantent la vieille tradition française et acadienne sont les membres les plus âgés de la communauté, de plus de 60 ans, grands-parents et arrières-grands-parents, dont beaucoup ont appris ces chansons de leurs parents bien avant que le phonographe ne fut utilisé dans l'état. Quelques uns des plus anciens ne parlent que le français. Leurs enfants de 25 à 50 ans sont généralement bilingues français-anglais. Leur musique préférée est hybride => (2)

Aujourd'hui les plus jeunes ne parlent et ne comprennent que l'anglais. Leurs musiques et chansons sont ceux de la musique commerciale américaine en vigueur dans tous les U.S.A.

Une des survivances de la tradition est allée au bal du samedi soir ou "Fais-Dodo" qui est nommé ainsi car les mères chantent des berceuses pour faire s'endormir les bébés qui sont amenés au bal avec le reste de la famille. Bien que ces bals ne durent plus toute la nuit, on y trouve joie et exubérance, battements de pieds rythmiques pendant que les danseurs tournent dans des valses, two-step ou autres, les bouteilles passent de mains en mains.

Les instruments traditionnels sont l'accordéon cajun (instrument généralement fabriqué en Allemagne - à 2 accords : tonique et dominant et ne peuvent jouer que dans une seule tonalité) - le violon et un instrument rythmique - triangle, cuillères et récemment la guitare.

Le chanteur chante au plus haut du registre, la gorge serrée sur un ton rauque et criard.

Harry OSTER - 1960

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Vidéos filmées par Jacques Rigaud dans des bals Cajuns en France :
(ces vidéos demandent un temps de téléchargement assez long - 10 mn environ)


Bal à Rempnat (à l'Est de Limoges)

Festival Cajun (dans l'Hérault)

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Un récent néologisme qualifie les français qui font revivre cette musique, de "FRANCADIENS"

Voici quelques uns de ces groupes : VERMENTON PLAGE, BAYOU CHICOT, BELISAIRE, CAJUN EXPRESS, 'TIT PRAIRIE LIGUE, CHERE ALICE etc... et en Bretagne dans le Morbihan, y'a des bretons qui jouent cette musique là dans le groupe qui tout naturellement s'appelle PAOTRED BAYOU.
Il est à signaler que les bretons qui ont su préserver et faire respecter leur identité, sont bien sûr intéressés par d'autres cultures minorisées. Tous les ans, début novembre, au centre culturel breton de TI KENDAL'CH (près de Redon) a lieu le "RENDEZ-VOUS DES CAJUNS"
Y sont organisés autour d'un groupe Cajun de Louisiane invité, plusieurs ateliers d'initiation ou de perfectionnement dans la pratique d'un instrument, du chant, du rythme et de la danse.

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Les Cajuns ont un "parler" particulier…
Il est issu du mélange des langages de plusieurs ethnies - Indienne - Espagnole - Française - Italienne - Allemande - Anglaise - Ecossaise - Irlandaise et bien sûr... Noire.
Chacune a contribué avec ses particularités, à créer ce dialecte savoureux où se côtoient des mots et des syntaxes disparates. Le dialecte qui en a découlé est inattendu, très imagé et savoureux ! (comme leur cuisine d'ailleurs)

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Leur musique est née de l'interaction culturelle entre différents peuples. Son fond principal est issu de la musique rurale française du XVIIème siècle que les émigrants conservèrent lors de leurs diverses pérégrinations.
Ces gens qui à l'époque furent amenés pour des raisons diverses et multiples (économiques, sentimentales...ou autres..) à se transplanter, étaient essentiellement originaires de la partie ouest de la France..
Un de leurs premiers points de chute fut l'Acadie (pointe Est du Québec actuel). Ils en furent chassés par les Anglais vers 1755. La plupart de ces colons subirent ce qu'ils appellent encore "Le Grand Dérangement".
Une partie d'entre-eux s'installa en Louisiane qui était à l'époque une colonie française. Là, ils y rencontrèrent les autochtones : les indiens (les Houmas les Nez-Piqués, les Cherrokees...), ainsi que les Noirs, esclaves dans les plantations, puis par la suite, d'autres gens d'origines diverses : Allemands, Italiens, Espagnols, Créoles des Caraïbes. Ecossais, Irlandais,... Quelques Anglais aussi sans doute...
Isolés et tous logés à la même enseigne, piqués par les mêmes "maringouins" (moustiques), brûlés par le même soleil et trimant dur pour survivre dans une région pas très hospitalière (humide et marécageuse), il se forgea à la longue entr'eux le sentiment d'appartenir à une même communauté, à un même peuple.
Leur langage était le vieux patois français qui s'enrichit des tournures originales des autres ethnies... Les anglo-saxons déformèrent de façon méprisante leur nom d'Acadiens en '"Ackêdjuns", qui par la suite évolua jusqu'au vocable "Cajun", qu'ils adoptèrent et dont ils sont fiers aujourd'hui - asteur (à cette heure).
Fiers de se retrouver dans une musique, une tradition, une cuisine, une culture qui leur est propre et totalement différenciée de la culture américaine.
Pour ce qui est de la musique, les Noirs y ont eu (et ont encore) une influence très déterminante. Nombreux sont les musiciens Noirs dans le pays Cajun. Le premier à avoir enregistré fut Amédée Ardoin (seul ou avec le violoniste Dennis Mac Ghee), il a su trouver un style de jeu au mélodéon. Par la suite beaucoup s'en inspirèrent. Bee Fontenot savait faire sortir toute la mélancolie de son âme à travers son accordéon bon marché.
- Actuellement beaucoup de jeunes musiciens perpétuent toujours le génie de ces précurseurs : - Geno Delafosse - Steve Riley - Wayne Toups - Horace Trahan..., Pour ne citer que quelques uns... Tous font que cette musique Cajun reste toujours aussi vivante, sensuelle et émouvante...!
Les principales danses des Cajuns sont : - Le One Step, le Two Step, la Valse à 6 temps, le Jitterbug, le Madison... Quelques vieux Cajuns se souviennent encore des Danses Carrées (quadrilles), et des Contredanses (country dances). Beaucoup de Noirs aiment bien se retrouver au son d'une musique au rythme lancinant qui leur est plus spécifique : Le Zydeco (prononcer Zaïdéco - c'est la déformation du mot "haricot") - Elle peut parfois s'apparenter à un rituel de transe proche des pratiques Vaudou...
Et comme ils disent là-bas, "Nous autr' on peut pas endurer la musique sans danser !
" Laisse les bons temps rouler !!! et lach' pas la patate, mon nègr' !!! Aïïï hiii !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

· On peut aussi "aller en Louisiane" via Internet
- Dans les moteurs de recherche, il suffit de taper "cajun" pour avoir de nombreuses propositions de sites…après y'a qu'à surfer - "louisianaradio.com" permet d'écouter de la musique, entr'autre et propose elle aussi de nombreux liens vers d'autres sites cajuns

· L'adresse est :

http://www.louisianaradio.com